Vous avez choisi une filière scientifique pour votre baccalauréat. Peut-être vous destinez-vous aux sciences ? Peut-être avez-vous emprunté cette voie pour vous ouvrir d’autres perspectives professionnelles ? Le bac S ne peut être une fin en soi, alors il vous faut faire un choix parmi une multitude d’orientations post-bac.
Les inscriptions dans l’enseignement supérieur interviennent à la fin du deuxième trimestre de l’année scolaire. Il est important de s’informer avant. Il faut savoir quelles voies emprunter pour accéder à une profession donnée. Vos professeurs peuvent vous aider à choisir parmi les très nombreuses formations de l’enseignement supérieur. S’ils ne savent pas répondre à vos questions, ils vous renverront vers des conseillers d’orientation. La durée des études peu influer sur votre choix, mais elle ne devrait pas être un critère déterminant, même en cas de difficultés matérielles. Pensez que votre vie professionnelle durera bien plus longtemps que vos études, si longues soient-elles. Il vaut donc mieux ne pas rater votre orientation et prendre un bon départ vers votre future carrière.
Il y a des orientations réputés plus «faciles», de fausses vérités comme : « la fac, c’est pénard ! »... c’est peinard surtout pour ceux qui ne se donnent pas les moyens de réussir, et, comme c’est étrange, ne réussissent pas du tout. Il y a aussi le mythe des Classes préparatoires aux Grandes Écoles, les fameuses CPGE ! « La prépa, c’est le bagne ! Les taupins (élèves des classes préparatoires scientifiques) finissent amaigris, pâles, au bord de la dépression. Ce sont des rats de bibliothèque à moitié fous ! Ils parlent un charabia en roulant de gros yeux derrières des verres épais... » Assez ! Faut-il à ce point méconnaître les CPGE! Certes, il est déraisonnable de choisir d’aller en CPGE si l’on est totalement réfractaire au travail scolaire, mais les élèves qui ont fait le choix de la prépa scientifique ne semblent pas être plus malheureux que les autres jeunes gens du même âge.
On consultera avec profit le site le l’association des professeurs de classes préparatoires aux grandes écoles (http://www.prepas.org/accueil.htm), ainsi que l’article sur les Grandes écoles de l’encyclopédie libre Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_écoles). Les classes préparatoires aux grandes écoles sont, comme les sections de techniciens supérieurs, des filières de l’enseignement supérieur des lycées. Les CPGE sont destinées à préparer, généralement en deux ans, les étudiants aux concours d’entrée des Grandes Écoles.
On compte trois types de CPGE :
– les CPGE scientifiques ;
– les CPGE commerciales ;
– les CPGE littéraires.
Les CPGE scientifiques préparent aux concours d’entrée des écoles d’ingénieurs et des écoles normales supérieures (dans les disciplines scientifiques). Les CPGE scientifiques sont elles-mêmes scindées en plusieurs filières :
– les prépas scientifiques où dominent les mathématiques, les sciences physiques et les sciences de l’ingénieur (MP, PC, PSI, PT) ;
– les prépas agronomiques et vétérinaires (BCPST) ;
– les prépas technologiques (TB, TPC pour les bacheliers STL ; TSI pour les bacheliers STI et STL spécialité physique de laboratoire).
Comme le nom le laisse deviner, en prépa scientifique la majeure partie de l’emploi du temps est consacrée aux sciences. Si pour vous les termes : “Mathématiques”, “ Physique”, “Chimie” sont synonymes de cauchemars, de souffrances et d’échecs, quittez au plus vite la filière scientifique! Même si l’objectif ultime n’est pas une carrière à forte dominante scientifique, il ne faut pas être totalement rebuté par ces disciplines pour s’aventurer en prépa scientifique.
Vos résultats en sciences sont plutôt corrects, voire excellents, vous êtes prêt à sacrifier du temps pour vous consacrer à l’apprentissage de vos cours et à la rédaction de vos devoirs, alors osez la prépa !
Les élèves ayant les meilleurs résultats en terminale choisissent majoritairement une orientation en CPGE. D’après la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et la performance) du ministère de l’Éducation nationale, près de 65% des élèves reçus avec une mention Bien ou Très bien au baccalauréat S s’orientent en CPGE. Aussi, n’est-il pas rare que ceux qui occupaient les premières places en terminale, se retrouvent à lutter pour se maintenir en milieu de classement en prépa. Si vous vous sentez capable de supporter la perte de votre statut de premier de la classe, alors osez la prépa !
Vous pensez que vos résultats ne sont pas assez brillants pour vous ouvrir les portes de ces prestigieuses prépas, alors vous avez renoncé à tenter votre chance en CPGE. Quelle erreur !
Si les prépas étaient réservées exclusivement aux élèves de terminales S susceptibles d’obtenir une mention Très bien au bac, elles ne seraient ni si nombreuses, ni si peuplées. En 2007-2008, les CPGE scientifiques accueillaient environ 48 000 étudiants (41 356 dans les établissements publics, 6 495 dans les établissements privés). Attention ! Je ne dis pas qu’avec des notes à peine passables aux deux premiers trimestres de terminale, vous aurez à coup sûr une place en prépa. Je ne soutiendrai pas non plus qu’avec de tels résultats en terminale votre parcours dans l’enseignement supérieur sera des plus faciles en CPGE ou ailleurs.
Mais tous les ans, des élèves dits “moyens” accèdent à une prépa, parviennent à s’y maintenir, et finissent par intégrer une école au bout de deux ou trois ans, ou poursuivent leurs études à l’université en ayant acquis des méthodes et sans perdre de temps.
En CPGE, les professeurs veillent à ce que le travail de leurs élèves soit abondant et régulier. Le rythme des devoirs, devoirs surveillés, etc, limitera sans doute quelque peu le nombre de vos sorties nocturnes entre amis, mais vous acquerrez une capacité de travail qui vous sera utile pour la suite de vos études et pour votre vie professionnelle. Ce contrôle très régulier des connaissances aidera ceux, peut-être un peu plus paresseux que les autres, qui, en dépit de bonnes dispositions pour les sciences, auraient échoué dans un système moins contraignant.